Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 18:00

C'est la somme des individualités qui fait le collectif,

- une disparité d'ego qui fonde la foule,

- un infini de consciences qui créé l'universel.

Et toutes ces voix qui sèment le chaos au lieu d'aboutir à une unité.

Nous sommes tous une goutte dans le désordre, un espoir dans le tumulte, un coupable dans cet engrenage, l'homme aux milles visages qui s'acharne sur son futur tout en se désolant de le voir compromis, une hache à la main pour le condamner - le palpitant ému et les yeux qui piquent pour le pleurer.
Je n'ai aucune compassion pour la nature humaine. J'ai de l'empathie, j'ai de l'appréhension mais j'ai la mâchoire serrée sur nos erreurs et nos paradoxes, l'égoïsme comme une lâcheté pour ne pas combattre, comme une fuite en avant vers un bonheur à notre échelle.

Un bonheur à MON échelle.

Dans ma parcelle de vie, sans envergure ni ambition.
Ma famille d'abord, l'univers après.

Les gens tuent au nom de la religion, le climat fout le camp, les réserves de la Terre sont avalées, le sort a déjà été joué, on prédit le temps qu'il reste à l'Homme pour survivre et moi j'ai fait des enfants comme si rien ne pressait, comme un déni du désastre qui les attend, j'ai fait des enfants comme on lève les yeux devant une église - le cœur naïf et l'espoir fou.

Un jour, le monde implosera. Comme ma culpabilité de n'être pas à la hauteur de la tâche qui nous incombe à tous.


Un jour, le monde implosera. Et tous nos ego valseront ensemble, ridicules et inutiles. Une humanité décharnée qui pissera ses illusions égocentriques sur des enfants qui essaieront de survivre à notre arrogance.

 

Un bonheur à notre échelle.
Un échec à notre mesure.

Published by Deli'
commenter cet article
2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 08:54

Le téléphone a sonné dimanche dernier et depuis, aucune lumière n'arrive à éclairer mon amertume. Je vois la pluie qui s'acharne depuis des jours et je ne cesse de penser qu'il doit avoir si froid, seul dans ce caveau humide.

Le téléphone a sonné et je répétais "mon Dieu, mon Dieu" en pleurant compulsivement. Je perdais un énorme morceau d'amour, de tendresse, de patience envers cette vie qui s'acharne, de confiance, de résilience. Je ne peux plus pardonner toutes ces injustices, je n'y arrive plus.

 

L'enterrement a été ensoleillé, le cercueil recouvert de dessins colorés, de la musique s'échappait du corbillard et jouait du Louis Armstrong, dont tu aimais tant la trompette, tes parents étaient dignes et droits comme toujours et il faisait si chaud pour un mois de janvier.

Je t'ai tant aimé, du bout de ma voix, de mon regard, de toute ma patience pour rassurer ton corps agité, de toute ma naïveté parfois quand je priais en te serrant contre moi, d'un espoir fou, comme tous ceux qui t'entouraient, je t'ai aimé avec compassion et j'aurais voulu t'enlever cette douleur et cette infirmité qui ont fait de ta vie un parcours épuisant et solitaire.

Tu avais le sourire immense et la sensibilité à fleur d'ouïe, l'amour au-delà de tes silences et de ton corps entravé, tu étais cette bulle d'innocence au-dessus de nos peines et de nos colères, toi qui as enduré tant...

Tu étais notre parenthèse au-delà du temps, notre ouverture sur le Beau, tu étais ce bébé dont je sentais l'odeur dans le creux de son cou et qui avait 13 ans à présent.

 

J'ai vu mon frère porter le cercueil de son fils et le descendre en terre, j'en ai encore le cœur bouffé de révolte et d'admiration.

Non, je n'arrive plus à pardonner.

 

 

     {What a Wonderful World}

 

I see trees of green, red roses too
I see them bloom for me and you
And I think to myself what a wonderful world.

I see skies of blue and clouds of white
The bright blessed day, the dark sacred night
And I think to myself what a wonderful world.

The colors of the rainbow so pretty in the sky
Are also on the faces of people going by
I see friends shaking hands saying how do you do
But they're really saying I love you.

I hear baby's cry, and I watched them grow
They'll learn much more than I'll ever know
And I think to myself what a wonderful world.

Louis Armstrong

Published by Deli'
commenter cet article
25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 19:29

Les mois ont passé, ces dernières semaines semblent s'écraser contre le mur du temps et le défoncer tellement les jours passent vite, impatients et exigeants.
Je me regarde dans le miroir et je me plais, état de grâce et d'attente, mon visage est serein et mes traits ont presque rajeuni, le goût du bonheur sans doute. Dans quelques jours, je serai fatiguée et mes traits seront bouffis - la beauté ne dure que le temps d'une promesse que les enfants sacrifient.

Je n'ai pas peur, je ne suis pas pressée, je me projette un peu, je n'y pense pas vraiment, la vie bouillonne en moi et tout autour de moi, je n'arrive pas bien à saisir les heures qui passent, les rires qui filent, les impératifs qui s'imposent, je suis là et ailleurs, concentrée et éparpillée, je suis un pivot autour duquel les gens s'agitent et je tends les bras, pourtant immobile.
Mon corps est lourd, douloureux et en même temps, il est beau et résonne de possibilités, il est ouvert mais entravé - érotique mais fatigué.

Le temps a passé, oui. Sur les échecs et les moments de doute. Il continuera de passer sur les sourires niais et les gestes tendres, sur les avenirs qui se construisent, les odeurs de peau à dévorer, les nuits difficiles et les heures d'épuisement, les colères et les recommencements,

- j'aurai bientôt 37 ans. Et une étoile de plus dans les yeux.

Published by Deli'
commenter cet article
21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 08:58

J'ai longtemps pensé que l'amour était un effort permanent que je n'étais pas capable de tenir. Que les évidences ne duraient qu'un temps, celui d'un mensonge où chacun prend sur lui pour être à son avantage, que le jeu de la séduction n'était qu'une tromperie pour vendre ses arguments, que derrière tout n'était que compromis et désillusions. Que le couple, c'était une fin en soi.
Qu'il en va des mariages comme des parties de baise - le goût du foutre est bien plus corrosif pour l'émail que celui du champagne.

Puis j'ai divorcé. Ma famille s'est décomposée, j'ai repris ma liberté et je n'ai plus eu à me forcer. J'ai oublié l'avant, ma mémoire est devenue vide et j'ai réalisé que tout avait finalement une odeur d'inutile. Que ma vie avait parcouru 32 ans juste pour en arriver là, au point de départ.

J'ai rencontré mon homme. Et tout était si conflictuel que je pensais que rien ne serait différent de toutes les autres fois où j'attendais que tout s'impose à moi et où je finissais invariablement capricieuse de frustration - enragée de ne jamais toucher l'accomplissement d'une osmose facile. Je pensais qu'encore une fois, il faudrait endosser un personnage théâtral, tirer quelques fils pour faire que cela marche, jouer à plaire, me vider de toute l'énergie dont j'étais capable pour aller au bout d'un rôle et d'une histoire - et sauter du pont quand l'absence de maquillage aurait ruiné nos masques.

Mais non.

Les années passent et je suis toujours amoureuse sans avoir à me raisonner ou me convaincre, son corps est mon point d'ancrage et je n'ai plus eu le moindre désir d'en serrer un autre; je ne me lasse pas de le regarder en silence en réalisant combien je l'aime, encore étonnée de cette certitude que j'ai parfois du mal à comprendre; il est le seul à me faire pouffer de rire et toute ma joie de vivre s'inspire de sa présence, ses bras sont un univers de possibles et d'évasion, il m'apaise et pourtant, il est le premier à rationnaliser mes questionnements, être démuni face à mes interrogations métaphysiques, éluder tous mes tourments,

- à m'amputer de mes mises en abyme.

Il me renvoie mon écho et je me semble si absurde, avec mes envolées narcissiques autodestructrices.
Il est enraciné dans la vie quand j'étais dans le fantasme, il a donné des limites à mes remises en questions qui tournaient encore et toujours en rond et je ne suis plus en déséquilibre constant sur un fil imaginaire.

Il n'y a plus d'imaginaire. C'est sans doute le prix à payer,

- fermer les yeux sur les autres mondes, pour en faire grandir un et le garder entre ses mains.

 

 

Le goût de l'amour
Published by Deli'
commenter cet article
9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 17:56

J'habite à la plage.
J'y habite depuis que je suis née, même si aujourd'hui ce n'est pas la même.
                   Juste pour dire que j'ai un chouïa l'habitude depuis le temps.

J'ai ce luxe d'être située entre l'océan et le bassin, rempli lui aussi par les marées océanes mais forcément moins profond et avec une eau plus stagnante (même si tout est relatif). Le sol est un mélange de sable et, par endroits, de vase. Le tout parsemé de crabes qui courent à vos pieds, d'herbes souvent, de coquilles d'huîtres et de seiches, bref j'en passe, c'est un peu la vie sauvage. Mais au milieu des bateaux de bourges, avec leurs gros moteurs - la vie sauvage arrosée au gasoil.

Et bien figurez-vous que, en plus de ces putains de bateaux de plaisance qui saturent presque tout le plan d'eau, il y a autre chose qui me crâme pas mal les tripes de colère.

Les chiens.

Non, je rectifie. Ces maîtres qui les laissent se baigner en plein été alors que c'est interdit et que chiotte, trois mois de l'année on peut bien rentabiliser d'habiter là pour se tremper le cul et justifier les impôts que l'on paie en profitant de la vue et donc des plages. Mais profiter avec un clébard qui fout tous ses poils dans l'eau (plus ou moins stagnante, donc), qui s'ébroue à côté de ta gueule et qui joue en te balançant du sable sur la tronche, il faut vivre au pays d'Allain Bougrain-Dubourg pour y trouver du charme.
                   (Et il s'est tapé Brigitte Bardot, pour dire à quel point ce type n'est pas net)

J'estime qu'avec 9 mois pour batifoler gaiement en toute liberté, ils ne sont pas maltraités (bordel).

Les gens sont malpolis et se croient tout permis. Et puis c'est tout.


Mon cadet craint les chiens. Disons qu'il s'en méfie plus qu'il n'en a peur et il a bien raison.
Donc l'été est là, il s'amuse sur le sable sans emmerder personne et tout à coup, une personne se pointe avec son gros chien (bizarrement, on ne croise jamais de chihuahuas) et s'installe pas loin de lui.

                           NDLR: les plages du bassin sont d'étroites et courtes bandes de sable qui disparaissent presque à marée haute.

Mon fils se crispe un peu et là, le propriétaire rigole en lui disant "mais non il n'est pas méchant tu n'as rien à craindre" - ce qui est déjà une première incivilité, parce qu'il n'a pas le droit d'imposer la présence de son animal à un enfant, sans laisse, d'autant que c'est interdit à cette période-là.

Le nombre de gens qui ont du annoncer que leur peluche à quatre pattes était gentille avant qu'elle ne bouffe les joues d'un mioche doit pulluler dans les archives hospitalières. Mais ne soyons pas de mauvaise foi, passons.

Inévitablement, le clébard finit par se mettre à l'eau avec ses longs poils qu'il perd (c'est l'été) et lorsqu'il sort, il se secoue dans tous les sens juste devant mon fils qui s'en ramasse plein la tête, eau, sable et poils compris, c'est cadeau. Donc forcément, il fait une tête écoeurée tout en se protègeant avec ses bras et moi, je râle bien fort que c'est dégueulasse.
Là, le propriétaire
fait semblant de comprendre la situation et rappelle mollement son chien, avec l'air clairement convaincu que c'est moi l'emmerdeuse. Pour preuve, il ne part pas plus loin. Et comme c'est vraiment un connard, il s'amuse à lancer un bout de bois à son pote qui finit inévitablement par courir à côté de mes fils et leur gommer tout le corps avec le sable alentours qu'il fait voler. En général, à ce moment-là je me lève et je fais de grands gestes d'énervement à l'attention du chien (alors que je sais bien que c'est une grosse tarte dans les dents de son maître qui résoudrait vraiment le problème).

Mais ce n'est pas tout.


Le plus convivial, c'est quand tu marches à la marée montante et que tu vois des grosses merdes sous l'eau. Tu te doutes bien que ce ne sont pas des mômes qui les ont mises là (ou alors ils ont un gros souci de transit). Donc à cet instant, tu as envie d'enfouir les gencives de ces connards de gens et de les étouffer avec les déjections de leur toutou, tu as envie qu'ils les prennent à pleine bouche parce qu'il n'y a pas de raison que toi, qui n'as jamais voulu de chien, qui es hyper à cheval sur l'hygiène et qui veilles à ne pas faire traîner un papier gras par terre, tu te retrouves avec de la bouse sous les pieds pendant que tu tentes désespérément de te rafraîchir par les 37° ambiants.

Ha ouais forcément, ça casse un peu l'image du paradis. On s'étonne moins, après, que les plages de l'océan sont blindées bien qu'il faille mettre 52 mn pour se garer et marcher 34 mn avant d'arriver sur le sable. Ces plages sont remplies de gens qui fuient les chiens, tout simplement (elles préfèrent les méduses sans doute).
Là-bas les plages sont surveillées et une réprimande puis une amende calment rapidement les esprits rebelles.

On demande à nos enfants de bien se tenir, d'être sages, de ne pas être bruyants, de rester à leur place pour ne pas gêner les autres, je ne comprends pas ce qu'il y a d'inouï dans le fait d'exiger que les propriétaires d'un chien respectent, durant la période touristique, ces mêmes règles. Parce que bon, on va dire que je n'aime pas les animaux, mais avoir un chien c'est un choix personnel, réfléchi, on n'a pas à l'imposer aux autres qui n'ont pas fait le même, dans des endroits publics à forte densité, en présence de petits enfants, sans laisse et alors qu'il s'agit de lieux de baignade où un minimum d'hygiène est requis.

Et puis bon, c'est interdit, pour le détail de base.

Mais bon.
On est en septembre, les touristes sont partis, donc les gens se disent que ça n'emmerdera plus personne s'ils amènent leur chien à la plage. C'est vrai que nous qui y vivons à l'année et qui pouvons enfin profiter du calme avec les enfants, on s'en fout. Sous-entendu, comme nous sommes des gens d'ici, nous comprenons, limite nous sommes solidaires. Limite.
Ben non. Pas moi.
D'autant qu'avec les impôts fonciers et la taxe d'habitation que je vais lâcher ce mois-ci, je vais encore moins avoir envie de patauger dans la crotte au prochain pic des températures. Alors quand on me dit que les chiens aussi ont le droit de se rafraîchir, j'ai envie de demander si ce sont eux qui font marcher l'économie du coin.
Pas sûre non plus qu'avec des plages infestées de chiens l'été, les touristes aient autant envie d'investir dans les commerces locaux.
Mais je ne suis qu'une connasse de matérialiste, à tous les coups.

Ouaip, je sais.
La vie est une chienne.

 



 

Published by Deli'
commenter cet article
1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 10:48

La méfiance, cet outil d'auto-défense qui finit par vous auto-détruire.
Je sais de quoi je parle, j'ai commencé à avoir mal au ventre hier midi et j'ai été deux fois aux toilettes ce matin. Mais je me demande si plus que de la méfiance, ça n'était pas de l'intuition, finalement.

Ça a mal commencé. Après avoir crevés de chaud avec quatre jours à plus de 34°, nous nous sommes réveillés sous une météo nonchalante et j'étais comme une conne avec les bermudas et t.shirts préparés la veille. Le gros doute, le moment de suspens absolu - faut-il mettre des chaussures fermées et un manteau? J'ai été faible, j'ai laissé mes enfants choisir, tout en me disant que j'allais passer les 7h qui suivraient à me ronger les ongles parce qu'avec ce putain de vent frais, ils allaient forcément choper un rhume des phalanges.

Bien entendu nous sommes arrivés avec 10 mn d'avance (autant dire qu'avec une rentrée qui traîne pendant au moins 40 mn, je ne prenais pas beaucoup de risques) et quand les portes de l'arène l'école se sont ouvertes, nous nous sommes dirigés sur les panneaux de composition des classes. J'avais l'impression de voir un troupeau de zombies se jeter sur des innocents et comme en plus je ne suis pas d'un naturel optimiste, j'avais déjà envie de me barrer.

Ha non, je confirme, il s'agit définitivement d'intuition. Mon fils aîné n'est pas avec l'instituteur qu'il espérait et mon cadet se retrouve dans la seule classe à double niveau de l'école, le deuxième niveau représentant trois classes de plus que la sienne (ne cherchez pas la logique).

J'ai regardé hâtivement les listes et j'ai pu voir que le grand se retrouvait avec les mêmes élèves que l'an dernier, je n'ai pas cherché à en savoir plus, j'étais contente pour lui et je suis passée aux camarades du second. Et là,

                                                                  LE DRAME


Sur les copains de l'an dernier, seuls quatre se retrouvent avec lui. Et pas ceux dont il était le plus proche. Son meilleur ami, qui le suivait depuis la petite section, est dans une autre classe. Vous auriez vu ses yeux au moment où je le lui ai annoncé, vous auriez eu envie de lui offrir la base Lego Avengers dont il rêve (et ça m'aurait bien arrangé). J'ai mesuré de tout mon coeur sa déception et même l'émotion qu'il essayait de camoufler sous son mutisme, je me suis mise à lui parler avec la voix qui tremble, les sanglots au fond de la gorge prêts à déborder - mais j'ai été forte, je lui ai dit qu'on s'en branlait des autres petits cons et qu'il les retrouverait à la récré, que comme ça il pourrait bien se concentrer en cours et qu'il passerait en 6eme l'année prochaine s'il écoutait bien les leçons de l'autre moitié de sa classe.
Bon, je n'ai peut-être pas dit exactement ça, j'étais occupée à réfréner des pulsions pour ne pas l'étouffer dans mes bras (mais il faut avouer que ça aurait été d'une grande psychologie).

Je suis restée avec lui tout en lui expliquant que tout se passerait bien, je l'ai accompagné devant sa maîtresse et on a attendu de voir s'il trouvait un copain. Peine perdue, puisque les autres enfants de son niveau étaient de l'autre côté.
Au passage, je me félicite qu'à 7 ans, il se fonde totalement dans la masse d'enfants qui ont trois ans de plus que lui. Comme quoi la taille, CA COMPTE.
Quand j'essayais de lui remonter le moral, il me répondait "je ne veux même pas en parler" et coupait court à toute discussion. Et c'est dans ces moments-là que l'on se demande pourquoi il n'y a pas un cocktail de bienvenue pour les parents, à base d'alcool très fort.

Je l'ai regardé partir seul au milieu de la file indienne, sans parler ni donner la main à personne et c'est à cet instant précis que je sentais que je pleurais, plantée au milieu de la cour, entourée d'autres mamans joyeuses, le coeur écrasé et avec ce sentiment d'échec de n'avoir pas su le rassurer avant qu'il ne rejoigne sa nouvelle classe.
C'était déjà difficile de le voir parfois en décalage avec ses copains, avec sa difficulté à communiquer son monde trop vaste et trop complexe pour eux, là...

Putain d'hormones.
Je me console en me disant que ce soir, il sera tout heureux et sera déjà passé à autre chose.
(Si ce n'est pas le cas, moi je passerais de l'Euphytose au Lexomil)

Mon homme, qui était resté avec l'aîné, m'a récupérée toute humide (je vous parle de détresse émotionnelle putain) et je l'ai rejoint. Le grand s'amusait déjà avec ses camarades, tous les parents papotaient joyeusement, j'avais l'impression d'arriver à un mariage en tenue de deuil, j'ai eu du mal à faire risette. Du coup, pour me remonter le moral, j'ai regardé en détail la liste des élèves de la classe du grand.

L'an dernier il était en demi-classe avec un autre niveau supérieur, c'était un très bon groupe performant.
Là, sans surprise, comme c'est une classe entière ils ont ramassé un bon tas d'éléments perturbateurs qui se foutent de l'école comme moi de la bienséance, qui ne sont pas des flèches intellectuellement, bref tous ceux que j'étais bien contente de ne plus voir dans la même classe que mon fils. J'étais RAVIE, ça m'a mis une pêche d'enfer, j'étais tellement aigrie que je pense que tout le monde l'a perçu et s'est empressé de s'éloigner. Bizarrement, le nivellement par le bas, ça a du sens dans l'Education nationale alors là, oui, je suis méfiante.

Et vous savez ce que j'ai dit, sur la méfiance.

Que chez moi, c'est une sacrée intuition.



Edit: j'ai récupéré mon petit, il avait le sourire, évidemment.
A suivre. Je ne relâche pas mes doutes (je suis méfiante OU pessismiste?)





 

Published by Deli'
commenter cet article
18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 08:22

Quatre mois moins six jours plus tard. Ma productivité est surprenante, j'hésite à faire euthanasier ce blog pour lui éviter de souffrir seul.

Comme je l'ai déjà dit quelque part, j'aime me caler sur le calendrier scolaire et je compte en année académique. Je peux donc vous annoncer que 2014/2015 a été un vrai bonheur pour mes fils et qu'entre eux, ainsi qu'entre eux et moi, ce fut une entente magnifique, de vrais moments bénis. Je les ai vus heureux à l'école, performants, joyeux à la maison, aimants, leur relation est aujourd'hui plus équilibrée, plus complice, plus forte, je passe tous mes instants à les aimer et le leur dire, ils me câlinent, je les vois grandir ensemble et non plus chacun de leur côté, je frôle l'aboutissement de mes rêves.
Je les boufferai d'amour et je suis aujourd'hui, là, une mère comblée. Tout n'est évidemment pas parfait, il y a des cris, des griffures, je gueule, je punis mais voilà, ce n'est pas ce que je retiens.

Je voulais juste dire quelques mots sur ce qui a, je pense, contribué au bon équilibre de cette année scolaire.

 

Ils ont été tous les deux dans des classes à double niveau, le leur + le niveau supérieur.
Clairement, ça a évité de l'ennui, ça les a stimulés, ils ont gagné en autonomie, ils ont pu approfondir leur potentiel en basculant ponctuellement/régulièrement sur le programme à venir, je les ai vus se faire plaisir.
Je regrette déjà qu'en septembre, question de répartition des effectifs, il n'y aura plus de classe double.
Au niveau de l'estime de soi, j'ai vu aussi la satisfaction de se prouver qu'ils étaient à la hauteur de ces apprentissages de l'autre niveau.

Je ne parle pas ici d'ego ou de compétition, juste que mes enfants s'ennuient rapidement parce qu'ils terminent vite leur travail et que la possibilité d'être concentrés sur de nouvelles acquisitions les a maintenus actifs et les a cadrés, je les ai véritablement sentis très épanouis dans leur classe respective. C'est tout ce qui compte.

Ensuite, les nouveaux rythmes scolaires.
Dans la mesure où j'ai la chance de pouvoir adapter mon emploi du temps à celui de mes enfants, ils ne sont allés en TAP qu'une fois par semaine. Tous les autres soirs, je les récupérais à 15h45 et l'air de rien, ça leur libérait une heure de décompression tous les jours. Ils commençaient à jouer à l'heure où, avant, ils sortaient de l'école et devaient encore faire leurs devoirs.
L'école le mercredi a rythmé la semaine, je ne les ai pas sentis beaucoup plus fatigués qu'avant même si mon fils aîné se lève effectivement bien plus tard (je dois le réveiller à 8h10 pour un début d'école à 9h). De mon côté, ça m'a libéré une matinée, ce que j'apprécie très égoïstement mais je savoure d'autant mieux ces après-midis, tout comme leur retour de l'école tous les soirs, je suis plus présente, plus réceptive, plus investie.
Nous avons pu déterminer des temps de jeux et des temps de travail plus facilement car nous avions davantage de marge au niveau des horaires, cela a évité des négociations, des bougonnades, grâce aux repères établis tout le monde a trouvé sa place et s'est organisé en conséquence.

J'ai joué mon rôle de représentant des parents d'élèves avec les autres membres élus de notre association, me sentir utile et être actrice m'a épanouie et m'a rapprochée du cadre dans lequel mes enfants évoluent, pouvoir en maîtriser certains aspects voire influer dessus m'a apaisée et le fait d'être au courant de tout m'a permis de mieux m'adapter. Cela s'est ressenti sur mes garçons, probablement. Le fait que je me sois ouverte aux autres aussi, de par mon rôle, que j'ai été vers eux, a changé mon approche sociale des autres parents (pas tous...) et leur image de moi, je me suis sentie bien d'avoir fait cet effort et j'ai été moins aigrie en général, les talons plantés sur le trottoir de l'école - cela a forcément rayonné sur mes enfants.

Enfin, nous sommes tellement heureux dans notre nouvelle maison.
Elle est grande, chacun peut y évoluer sans gêner l'autre, on s'y sent bien, on s'y sent libre, on a toute la place nécessaire et c'est réellement fabuleux.
Les travaux ont failli avancer mais on s'est dit que non, le choc serait trop violent et qu'il valait mieux faire ça sur une dizaine d'années. Il y a des imperfections partout, un chantier à réaliser dans presque toutes les pièces, des milliers d'euros à investir que nous n'avons pas et pas grand chose, à part la cuisine, n'est réellement à notre goût faute de moyens mais très clairement, on s'en tape le coquillard. C'est déjà tellement merveilleux d'avoir ce foyer à nous, avec son potentiel et son espace, son jardin, son emplacement..
Et les enfants y sont à leur aise, ça se sent.

Mais un jour je vous confierai le bonheur d'avoir un voisin qui vit collé derrière ma haie, armé de sa meuleuse, sa scie sauteuse et son karcher.


Il y a tellement de sujets que je voudrais traiter, si je n'étais pas devenue totalement incapable de parler de ce qui me touche ou me concerne, de près comme de loin... J'essaie mais tout est bloqué. Je fais un premier gros effort, aujourd'hui, j'espère arriver à en faire d'autres chaque semaine. Au pire je tenterai d'inhaler des huiles essentielles - à écouter les amateurs d'homéopathie, les plantes sont une drogue dure à l'efficacité redoutable. Bientôt des antibiotiques à base de pissenlit.

Là, je vais vous laisser, je vais me remettre de l'émotion d'avoir écrit un article et entamer une thérapie par le vide en fuyant à la plage.

Bons baisers salés.

Published by Deli'
commenter cet article
25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 13:01
Je vais pour le mieux

Aujourd'hui est la première date d'une petite série qui tient douloureusement dans un mouchoir brodé. Ces fameuses dates anniversaires qui tirent sur des cicatrices encore boursouflées, recousues approximativement par le temps. Ces fameux traumatismes, insignifiants à l'échelle des autres mais qui nous ont emporté un jour.

Nous sommes le 25 février, mon père aurait eu 72 ans.
Nous serons bientôt le 11 mars, trois ans depuis mon AVC.
Trois ans et deux jours depuis mon AIT.
Quand nous atteindrons le 1er avril, papa sera mort depuis cinq ans.

Au milieu, trois anniversaires en quinze jours - mon fils mon frère mon homme.

C'est mon parcours du combattant à moi. Un tout petit parcours, vraiment pas long. Je ne me bats pas vraiment non plus, on apprend à se détacher. Un jour on a moins mal, c'est vrai. On est un peu triste mais on s'empêche de l'être, on a appris à détourner les yeux. On sourit tristement, on regarde quelques photos, on se souvient des bons moments.

Mais parfois, on pleure.


Pour toutes ces fois où l'on n'y pense plus, où la vie prend le dessus, il y a ces courts instants où le manque et les regrets nous balancent leurs grands maux au visage, ces moments troubles où le corps se secoue sans même comprendre pourquoi - pourquoi là, maintenant, aujourd'hui alors qu'hier, tu étais mort aussi et tout allait bien?


Pour toutes ces fois où l'on se démène joyeusement jusqu'à pousser nos limites, sans la moindre séquelle de ce k.o cérébral, il y a ces moments absurdes où notre corps flanche et où l'on imagine le pire en silence, les yeux grands ouverts sur l'absurdité de notre angoisse - le souvenir traumatique, comme une légende refoulée.

Le temps passe si vite sur nos malheurs égocentriques. Les miroirs se brisent et on ne se regarde plus dedans, l'amour se renouvelle, l'absence se relativise, les douleurs se rééduquent.
Tout est pour le mieux.

Je vais pour le mieux.
Mon corps a décidé de mettre ma résilience à l'épreuve et de ré ouvrir encore, encore mes cicatrices. Je ne les porte pas au cœur. Elles sont bien plus bas, dans ce berceau intime où ma folie erre de douleur.

Je vais pour le mieux.

Joyeux anniversaire papa.

Published by Deli'
commenter cet article
22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 11:53

J'ai grandi en bord d'océan, dans une coquette ville communiste - ornée d'une barre d'HLM dissimulée dans le contrebas de ses frontières. Des terrains vagues étaient traversés par une nationale à échelle humaine, les poiriers poussaient au bord des chemins et les écoles possédaient d'immenses cours de récréation recouvertes d'herbe. Les gens étaient des cons mais l'époque était belle.

Le temps a passé, comme partout, avec ses ravages et son manque de poésie, comme souvent.
Les habitants sont encore plus décevants qu'avant et il n'y a plus d'arbres sauvages car le béton les a rongés. La nationale est opressée de hautes résidences et on ne trouve plus vraiment de bonheur, par manque de prés. Aujourd'hui, ce n'est plus qu'une ville communiste (et Dieu sait qu'un marteau et une faucille ce n'est pas accueillant).

Je vis aujourd'hui à des centaines de kilomètres, dans un écrin de verdure un peu sauvage qui distribue encore quelques très belles rimes - j'ai l'impression d'avoir gagné quelques années. Quelques années de liberté, de calme, de répit - un sursis d'espoir.

Plus la contrée est reculée, plus elle est préservée de la folie qui gagne le monde. Point de rage dans l'aube calme ni de folie dans le silence d'une plage déserte, on se ment en se donnant le luxe d'être en dehors de l'actualité - et on gagne du temps.

Du temps pour voir mes enfants grandir sans être traumatisée par l'avenir qui les attend.
Du temps pour leur apprendre l'amour.
Du temps pour leur insouciance et leurs questionnements d'enfants.
Du temps pour leur construire des fondations solides et des valeurs justes.
Du temps pour me laisser être une mère heureuse.
Une femme amoureuse.
Une française confiante.


Mon père était un vrai humaniste, issu de la classe pauvre, fils d'immigrés espagnols qui ne savaient ni lire ni écrire, pour lui la solidarité et la compassion étaient une condition de survie. Même au sommet de sa réussite professionnelle, il continuait d'apprendre des autres, de leur donner, d'être humble et il n'a jamais renié ses origines modestes dont il portait les stigmates.
Comme je suis loin de cette vertu-là. Comme mon cynisme et mon orgueil sont indignes de l'éducation que j'ai reçue. Et pourtant, comme j'ai pleuré, il y a deux semaines, quand j'ai vu les français marcher dignement dans le calme et le respect, s'étreindre dans leur revendication libertaire, s'unir, s'entendre, s'émouvoir. Comme j'ai eu les tripes nouées de fierté. Comme j'ai aimé mes semblables au-delà des clichés.

Comme j'ai regardé mes enfants avec ferveur, consciente de mon rôle auprès d'eux pour en faire des citoyens respectueux et droits. Comme je ne me suis pas sentie à la hauteur, pourtant.
Je connais mon égoïsme, ma nonchalance, mes colères - mes parents m'ont accrochée à un tuteur qui m'a maintenue enracinée dans des valeurs fortes, mais moi ... moi, je n'ai pas la main verte.

J'ai peur de la mère que je suis et des hommes qu'ils ne deviendront peut-être pas, par ma faute.

Alors le jour où j'aurai trop peur, je partirai élever des chèvres dans le fin fond des Pyrénées.
Pour gagner encore quelques années sur le monde réel et ses échecs.
Pour fuir les miens.

 

Le temps manque de poésie
Published by Deli'
commenter cet article
19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 19:53

Parce qu'il danse bien, c'est évident.
Parce que son petit cul slash son air gêné sont une combinaison gagnante, aussi.


Brian Joubert, j'avais entendu parler de lui comme tout le monde, il y a au moins une éternité (plus de dix ans). A part savoir qu'il était patineur, qu'il portait de ce fait des tenues vraiment bizarres et qu'il avait été très en colère après son ex petite amie miss France, j'aurais été incapable de vous dire la couleur de ses yeux et les mensurations de son biceps. Je ne vous parle évidemment même pas de son palmarès - priorisons, PRI-O-RI-SONS.

Donc, quelle ne fut pas ma surprise de le découvrir la moue timide, l'abdominal arrogant et les attributs génitaux moulés dans un collant - en tombant totalement par hasard sur Danse avec les stars. Une bête erreur de télécommande, vraiment.

Je vais être franche, ce fut sans appel, j'ai totalement fondu sur son regard désarmé et son sourire naïf, comme si j'entendais des coups de fusil célébrer l'ouverture de la chasse - Brian, c'est Bambi. Tu as envie de le cajoler, le rassurer. Lui dire aussi que sa mère ne devait pas l'aimer tant que ça pour l'appeler Brian. Et très vite après, t'allonger sur lui pour le dévergonder. C'est mon côté fervente catholique, d'être attirée par les saints ascendants premiers de la classe. Frôler leur pureté puis voir une lueur de reconnaissance exaltée dans leurs pupilles encore dilatées par l'orgasme. Amen.

Non mais, il danse bien, en plus.
Il n'est pas vraiment crédible dans le rôle de dominant et je ne parle même pas de sa prestation sexy avec Denitsa ikonomova qui ne m'a pas fait frémir le moindre poil pubien, mais justement, moi j'aime sa sensibilité fragile sous son fessier en béton armé. Et puis tu ne peux pas vraiment être candide quand tu te trimballes un corps pareil, non tu ne peux pas, ce serait gâcher un code génétique visiblement très généreux - et moi j'ai toujours répété à mes enfants qu'il faut bien finir toute son assiette parce qu'il y a des gens qui crèvent de faim de l'autre côté de la planète. Et là, je peux vous le jurer, quand je vois sa petite gueule plantée sur ces bras musclés, moi aussi je crie famine.

Enfin, et surtout, il y a la vraie raison pour laquelle je veux que Brian Joubert aille en finale de Danse avec les stars.
Depuis le début, je cherche à comprendre pourquoi il me fait autant d'effet.
Parce que, bon, on ne va pas se mentir, j'ai l'instinct maternel mais pas à ce point. Alors je le regarde, je le regarde et à chaque fois que j'admire ses yeux et sa bouche, j'ai le vagin qui fait des crises d'épilepsie. C'est comme ça que j'ai su.

BRIAN JOUBERT EST LE SOSIE DE MARK RYDER.
BRIAN JOUBERT EST LE SOSIE DE CESARE BORGIA.
HO. MON. DIEU.

Mark Ryder et Brian Joubert/ Osez me dire qu'ils ne se ressemblent pas!

Mark Ryder et Brian Joubert/ Osez me dire qu'ils ne se ressemblent pas!


Le plus étrange, c'est quand je me répète la phrase dans l'autre sens.
LE SOSIE DE MARK RYDER EST BRIAN JOUBERT.

Les gens, quand même. Quel soulagement ça a été de comprendre pourquoi je me suis mise à regarder TF1 un samedi soir. Quel honneur lavé.
Mais la diffusion de Borgia étant arrivée à son terme, il faut que je compense l'effet de manque. Alors pitié, envoyez Brian en finale.

Published by Deli'
commenter cet article

Brèves

        21 octobre 2015

 

        Quand la maison familiale n'est plus celle qui t'a vue grandir

        mais celle qui te voit vieillir

       
 

 

 

 

 

Par là

Suivez-moi sur Hellocoton

Et ici


De par là...